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« Quiconque a faim perd sa dignité et sa position dans la société », explique Souleymane Bassoum, coordinateur d'Action de Carême au Sénégal. Or, la faim frappe beaucoup de monde, car la pénurie de denrées alimentaires reste l'un des principaux problèmes du pays.
Sur deux tiers de la superficie du Sénégal, les rendements agricoles sont si bas qu'ils ne permettent pas d'alimenter correctement la population locale, un problème aggravé par la vente de terres à des entreprises étrangères, favorisée par l'État. Pendant la soudure entre deux récoltes, qui dure environ trois mois, les familles n'ont pas assez de nourriture. Pour avoir malgré tout quelque chose à se mettre sous la dent, elles ont souvent recours à des crédits aux taux usuraires.
Aborder les problèmes ensemble
«Quand nous sommes si pauvres, seule la solidarité peut nous aider », précise Souleymane Bassoum. Pour cette raison, des caisses de solidarité, soutenues par Action de Carême, surgissent un peu partout dans le pays. Avec l'épargne que les membres versent régulièrement selon leurs moyens, les personnes qui éprouvent des difficultés s'entraident, sans devoir se rendre chez l'usurier. Souleymane Bassoum en explique l'importance : " l'argent que les familles épargnent est le fruit de leurs efforts, et non pas un don d'une organisation étrangère. De la sorte, des personnes qui avaient perdu tout espoir recouvrent à la fois leur autonomie et leur confiance en soi". "D'un coup, elles se lèvent et entreprennent de nouvelles activités ", se félicite Souleymane.
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